Site en travaux

Site en travaux

Attention : un problème technique (serveur SQL) empêche l'accès à cette partie du site. Merci de votre compréhension.

Si vous ne réussissez pas à lire les vidéos, téléchargez le plugin Flash

Historique

Circuit court a été fondé en 1992 par un collectif de jeunes réalisateurs. Le but de cette association qui est déclarée en préfecture le 24 août est d’œuvrer à la diffusion de films hors normes réalisés en toute indépendance par des cinéastes poursuivant une recherche esthétique.

"C’était à Paris avant les vacances, en Juin ou Juillet 1992. Nous venions de terminer les études de cinéma mais étions démunis face à la profession et à la voie classique qui aurait consisté à devenir assistant d’un réalisateur ou bien à écrire un scénario et à le proposer à une commission de sélection afin d’obtenir une aide financière. Nous étions chez Olivier Bougnot nous buvions un thé et c’est Olivier qui voulait regrouper des amis qui avaient la même passion que lui pour le cinéma. Nous faisions déjà des films en nous soutenant pendant les tournages. Au commencement de Circuit Court à Paris il y avait Olivier Bougnot, Christophe Bamy, Maî onne, Eric Daviron et moi même." Claude Bossion

Olivier était en maî trise de cinéma à Jussieu avec Eric Daviron et moi. C’était un mystique littéraire qui savait encourager les vocations. Il était toujours attentif aux autres et savait trouver les mots pour rendre une idée encore plus profonde. Il n’était pas ce que l’on peut appeler un beau garçon mais les filles étaient toutes après lui. Nous l’avions surnommé 18 idées seconde en décortiquant sur le banc de montage Umatic de la fac de cinéma une séquence vidéo dans laquelle on voyait au ralenti son regard passer du chanteur (Claude Astier) au bar, à un couple de jeunes filles, penser à trois choses et revenir au concert. Il a réalisé un film hommage à Olivier Messian intitulé Tronco Luxurioso. Dans ce film sur le temps et la beauté qui disparaî t, il avait filmé un bouquet de fleur qui moisissait pendant une semaine , en image par image, puis il avait peint sur la pellicule. Le résultat était très poétique, les images et le son transportaient le spectateur dans une réflexion mystique.

Christophe Bamy était un autodidacte qui regardait en moyenne trois films par jour. Il a une culture cinématographique impressionnante surtout en ce qui concerne le cinéma d’action. Lui avait réalisé un film ou tenant la caméra à bout de bras il filmait son visage tout en tournant sur lui même. Le résultat donne le tournis et nous fait perdre nos repères sauf ce regard qui scrute le fond de l’objectif. Ce procédé à ensuite été réutilisé par de nombreux cinéastes et vidéastes.

Maî onne était la copine d’Olivier. D’origine Brésilienne, elle était sans concessions et nous quittera très vite à cause des choix de l’association en matière de programmation au sujet du film de Cyril Moulinié : Les Pieds.

Eric Daviron était un situationniste rêveur. Ses yeux bleus globuleux lui faisaient un visage à la Robert Desnos. Il avait un talent certain pour l’écriture et l’image, des idées flamboyantes de perspicacité mais une fâcheuse tendance à ne pas aller au fond des choses ?

Christophe Bamy était le président de l’association, c’est lui qui est allé la déclarer en préfecture, le trésorier était le frère d’Olivier, Dominique Bougnot. L’association aurait du s’appeler Court Circuit, le nom étant déjà pris nous avons choisi Circuit Court, par facilité et pour avoir le nom le plus banal possible.

C’est Olivier qui a proposé le concept des films sans qualité. Inspiré par la lecture du livre de Robert Musil, l’homme sans qualité. C’est encore Olivier qui a rédigé le manifeste des films sans qualité, qui ensuite a été publié dans la revue l’Armateur, dirigée par Denis Chevalier.

La première action de notre groupe a consisté à organiser une séance de cinéma expérimental dans une salle du quartier du Père Lachaise : Confluence. Nous avons eu une programmation exceptionnelle : des anciens du cinéma expérimental et des futures stars de l’art contemporain comme Pierrick Sorrin.

Cette soirée nous amena deux nouvelles recrues : Christophe Demonfaucon, le projectionniste de Confluence et Philippe Stepczak qui avait fait son objection de conscience au cinéma du musée à Beaubourg, auprès de Jean Michel Bouhours et de sa stagiaire Maéva Aubert.

Christophe Demonfaucon était un garçon entier et passionné de technique. Il avait les joues rouges et saillantes du mangeur de légumes biologiques, sans pour autant être orthodoxe, il me semblait croyant mais ne m’en a jamais fait état. Par la suite il monta une unité de production biologique dans la Lozère.

Philippe Stepczak était venu nous rencontrer chez Olivier pour travailler avec nous à la diffusion. Il nous projeta Cinématogravure, un film peint sur la pellicule. Philippe allait devenir par la suite l’un des animateurs les plus réguliers de Circuit Court et participer à toutes les tournées des films sans qualité en France et à l’étranger.

Le support qui est utilisé par ces cinéastes est le super 8. Le super 8 a permis à tous ceux qui ont ressenti le besoin de pratiquer la caméra ou la nécessité de réaliser des films même avec peu de moyens, de commencer à filmer sans attendre : artistes, plasticiens, auteurs, amateurs, indépendants. Nous avons choisi de travailler pour que l’on reconnaisse l’intérêt esthétique, historique et sociologique de cette production qui existe en marge des circuits de diffusion commerciaux.

En 9 années d’existence nous avons exposé des dizaines d’installations et de visuels sur différents supports : vidéo, super 8, diapos, photos, objets. Nous avons projetés plus de 1000 films en super 8 devant plus de 5000 spectateurs, dans des centaines de lieux, en France et à l’étranger.

Nous avons participé ainsi à créer des passerelles entre les différentes disciplines artistiques (concert-projection, performance, spectacle de rue, art plastique) et à enrichir le réseau de diffusion de films indépendants, (réseau qui a la particularité d’être non commercial, expérimental, artistique, underground, alternatif, associatif, militant) en réunissant des films courts de genres divers, (documentaire, animation, fiction, film de famille, de création) et en les diffusant dans des lieux qui ont choisi d’accueillir un cinéma différent.

Mise à jour: jeudi 19 juin 2008